• S'acculturer en Chine

    Malgré que cela fasse quelques années que je suis immergée dans la culture chinoise (lors de mes stages en Chine, mais aussi à Paris dans la communauté chinoise étudiante), il reste encore des choses auxquelles j'ai du mal à m'habituer.

    Choses auxquelles je suis maintenant habituée
    - la circulation désordonnée, la dureté des lits, la chaleur l'été, le confort minimum de la campagne,
    - la nourriture et sa diversité (dans les grands restaurants autant qu'à la table des paysans), comment manier les baguettes, le petit déjeuner chinois (voir mes notes Petit déjeuner chinois et Petit déjeuner mongol), l'absence de produits laitiers ou de desserts dignes de ce nom,
    - la façon de saluer ou de s'adresser aux gens et toute la gestuelle qui va avec. Par exemple, saluer de la tête en souriant, ne pas dire « nihao » mais « ah, tu es rentré » ou autre commentaire sur ce que la personne est en train de faire quand on arrive, ne pas dire « oui » mais un « hm » discret avec un petit signe de tête ou au contraire « shi a ! » « dui a ! » avec emphase pour acquiescer.

    Choses que j'ai du mal à supporter
    - le fait que les chinois parlent très fort lorsqu'ils sont en groupe (notamment au restaurant) ou au téléphone, ce qui fait qu'on a toujours l'impression qu'ils sont énervés et cela vous donne mal à la tête au bout d'une heure au restaurant.
    - la saleté et la pollution de certains endroits, notamment la banlieue de Pékin ou certains villages de la campagne, où, comme au Maroc, on voit des amas de déchets dans la nature, et notamment près de points d'eau. Regardez ces canards qui pataugent dans les déchets...

    Photo canards 2

    Photo canards 1

    - la politesse chinoise qui veut qu'on exagère toujours les compliments faits aux gens, ce dont on a pas du tout l'habitude en France.
    - l'accueil chinois des invités qui veut que l'on agisse, que l'on pense à votre place, sans vous demander votre avis, ou alors pour décider à votre place selon la réponse que vous avez faite, dans que l'on vous explique le pourquoi du comment. Je vous donne quelques exemples. Quand vous êtes invité chez quelqu'un, tous vos gestes sont épiés et les gens vont essayer d'anticiper vos envies, vos besoins. S'il fait chaud, on vous place directement en face du climatiseur, sans vous demander si vous supportez le vent froid à 17°C alors qu'il fait 32°C dehors, si vous demandez d'aller aux toilettes, on vous accompagne jusqu'à la porte. Au restaurant, on vous demande quels plats vous aimez pour les commander et les manger en commun, sans penser que peut-être vous avez envie de goûter des plats inconnus, ou même si les autres présents n'aiment pas ces plats et que vous allez devoir les manger tous seuls. Bref, la moindre parole de votre part est interprétée selon la coutume locale et j'ai maintenant peur de répondre aux questions qu'on me pose. Pour moi, aller au restaurant est presque devenu un calvaire : on se dispute sur qui s'assoit où pour la politesse, on se passe la carte en demandant à l'autre de choisir les plats (« toi », « non, toi », « non, toi », etc.), une fois que les plats sont là, on vous ressasse sans cesse « mange, vas-y, mange ce plat », voire on vous met directement de la nourriture dans votre assiette ou votre bol, on essaie de vous forcer à boire de l'alcool, ou si vous choisissez du thé, on vous re-remplit votre tasse dès qu'elle est à moitié vide, etc.

    Vous l'aurez donc compris, étant une VIP parmi les amis et la famille de Dong, je passe mon temps à être invitée, et les gens sont toujours aux petits soins pour moi. On pourrait penser que c'est agréable, mais je ne me sens vraiment pas libre de mes mouvements ou de ma parole, sachant que tout ce que je fais est épié et tout ce que je dis pourrait être mal interprété selon la lecture chinoise. Ils pensent me faire plaisir, mais c'est le contraire, et c'est très difficile de leur expliquer, car selon la politesse chinoise, l'invité passe son temps à refuser poliment et l'hôte à insister. C'est un peu comme un jeu mais cette habitude fait qu'on ne sait jamais si quelqu'un refuse par politesse alors qu'il acquise en vérité, ou bien s'il refuse vraiment parce qu'il n'en veut pas. En conséquence, je passe mon temps à me battre inutilement. Je devrais abandonner, accepter que c'est comme ça, mais j'ai vraiment du mal. Un exemple qui illustre bien. Hier, j'étais au restaurant et on m'avait servi une soupe de tripes de porc aux champignons. Après avoir mangé les tripes et les champignons (excellents), j'avais du mal à boire la soupe qui était très salée et acide. J'étais inconsciemment en train de me sacrifier pour finir mon bol, comme on nous l'apprend en France quand on est petits, et c'est alors que ma voisine me reverse une pleine louche qui remplit mon petit bol. Prise de cours, je n'ai rien pu faire ni rien pu dire, et je me suis sentie un peu comme trahie. C'est vraiment bête, mais c'est dans ces moments-là que je me sens le plus mal. Qu'est-ce qu'il m'avait pris de finir mon bol, je savais très bien qu'en Chine, si on finit son verre, on nous le re-remplit aussitôt, et que la seule façon d'arrêter le processus est de ne plus boire et laisser le verre plein. Mais c'est ce réflexe inculqué depuis notre enfance qui fait qu'on a tendance à toujours finir ce qu'on nous donne... Il me faudra sans doute encore un moment avant d'intégrer cette règle chinoise, car ça implique un gaspillage de nourriture ou de boisson. Difficile d'accepter des règles que l'on trouve stupides ou allant à l'encontre de nos valeurs.

    Photos de la soupe
    Voici le bol de soupe en question :)


     


    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    1
    denisdeparis
    Dimanche 28 Août 2011 à 18:20

    quand vous rentrez, passez donc voir le bébé !

    2
    Yeping
    Lundi 14 Novembre 2011 à 04:33
    我悄悄地来了,正如我轻轻地走了~~
    3
    xiaomai Profil de xiaomai
    Mardi 22 Novembre 2011 à 11:21

    呵呵,欢迎好友过来看看 =)



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :